Le Maître des Dragons

Publié le par Lala Her

De Fabrice Colin.

Le maître des dragons

Présentation : 

      "L'ombre de l'Empereur s'étendait. Et je comprenais qu'il n'existait qu'une seule façon de lui échapper : il fallait que je tue cet homme."

1717. Nouvelle-Angleterre. Au coeur de la nuit, un jeune homme sans mémoire échoue sur la plage. Cet inconnu, nommé Thomas Goodwill, a oublié qu'il revient du David Jones Locker, le paradis sous-marin des pirates. Il n'est sûr que d'une chose : un être cruel et tyrannique, qui n'est autre que l'Empereur lui-même, a juré sa perte. Il n'a qu'un espoir, lier son salut à celui de la flamboyante Mary Wickford.

 

Pourquoi?

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat entre Le Livre de Poche et Livraddict.

Un partenariat c'est un éditeur qui envoie des livres à des blogo-lecteurs gratuitement en échange d'un avis de lecture. Livraddict propose des partenariats tous les vendredis et se charge de sélectionner les lecteurs.

Personnellement je trouve le principe génial. Un livre gratuit, juste pour donner mon avis? Alors que je me ruine en bouquins quand d'autre préfèrent les fringues ou les chaussures?

J'ai donc voulu essayer et j'ai postulé pour ce livre. Je n'avais jamais participé à de partenariat avant ça, j'ai été très heureuse d'être sélectionnée et de recevoir ce livre.

Alors je remercie grandement Livraddict et Le Livre de Poche de proposer ce genre de chose et de m'avoir sélectionnée. Et qu'importe si le livre en question m'a plu ou non, c'est génial, tout simplement génial, et je suis flattée de pouvoir participer. Merci, merci, merci.

 

Mon avis : 

Sériosité, sériosité. Cette fois-ci je vais devoir éviter de parler de mes problèmes de tilts de cerveau ou autres choses dans le genre. Je dois rédiger un avis sérieux et construit. Sériosité, sériosité. Orthographe et syntaxe impeccable, donc pas de mots réarrangés à ma sauce non plus. Ouille, ouille, ouille, ça me stresse tout ça. Sériosité, sériosité. Je me le répète pour me mettre dans l'ambiance. Sériosité, sériosité.

 

Quand j'ai reçu ce livre, j'ai d'abord examiné l'objet.

La couverture m'a semblé un peu faite "à l'ancienne", comme celles des livres que l'on trouve dans les brocantes ou d'occasion. Pas vraiment le genre de couverture que l'on voit actuellement dans les rayons jeunesse des librairies. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. D'un côté ça permet au livre de se détacher des autres sur les étalages des libraires, et de l'autre je ne suis pas sûre que la clientèle habituelle des rayons jeunesse soit vraiment attirée. Pourtant la veille de la réception je flânais dans un de ces rayons et j'ai pris ce livre dans les mains. Par contre je ne saurais dire si c'est de savoir que j'allais le recevoir prochainement ou sa couverture qui m'a poussée à l'attraper.

C'est le titre qui m'a fait choisir ce livre plutôt qu'un autre quand j'ai postulé pour le partenariat. Les dragons, j'aime bien ça. Qu'ils soient du bon ou du mauvais côté, quelle que soient les variantes de morphologie, qu'ils soient intelligents comme un humain ou semblables à un animal, j'aime bien.

Je m'attendais donc à trouver des dragons dans ce roman, que je commençais avec un a priori positif de ce simple fait.

Un dernier mot sur l'objet : la quatrième de couverture. Elle est très bien. Elle n'en dit ni trop, ni trop peu. Juste ce qu'il faut pour donner envie de lire, sans spoiler outre mesure. Et quand on en arrive au seul point qui après coup me semble en dévoiler trop, pris dans sa lecture on l'a oublié.

 

Ce roman est découpé en 3 livres aux chapitres courts. Je l'ai lu rapidement et facilement.

La particularité du premier livre est qu'il alterne entre le récit principal et les "contes de la jeunesse" du héros. Le récit principal est au passé, les "contes de ma jeunesse" au présent. J'ai toujours du mal avec les récits au présent, mais ici l'auteur s'en sort bien, je n'ai pas été tentée de traduire au passé une seule fois. Et ça permet une nervosité et des accélérations ou ralentissements dans le temps.

A part ça, rien ne différencie vraiment les trois livres, si ce n'est le passage d'une époque à une autre dans l'histoire.

Le personnage principal est Thomas Goodwill. On suit ses aventures à différentes périodes de sa vie. C'est lui qui raconte, qui rédige ses aventures alors qu'il est désormais âgé. La narration est donc la plupart du temps à la première personne. Et, logiquement, quand ce n'est pas le cas c'est qu'il ne s'agit pas de lui. Il prend le lecteur à témoin plusieurs fois, comme pour rappeler que ce n'est pas un simple narrateur anonyme qui raconte tout ça, mais bien le héros de l'histoire. De la sorte je suppose que l'auteur justifie les passages confus de son intrigue. Car ils sont nombreux.

Car le héros est amnésique. Eh oui, le cliché le plus connu de la littérature, c'est bien ça. Mais la justification et la façon dont elle est amenée prouvent que cette amnésie a une raison d'être. Qu'elle n'est pas là simplement pour facilité la vie de l'auteur qui n'a pas eu envie de s'embêter à inventer un passé qui tienne la route à son personnage. Ici le personnage est complet. Ou presque. Disons qu'il est complet en ne l'étant pas.

Les autres personnages sont aussi bien construits que le héros. Seulement leur gestion semble totalement aléatoire. Un coup untel est là, deux pages plus tard il est mort, mais ce n'est pas grave, 5 pages plus tôt untel à fait son apparition, il sera là pour aider le héros dans sa quête, et puis s'il meurt aussi, untel apparaîtra dans une dizaine de pages, donc ce n'est pas grave non plus. Etc.

L'intrigue tourne donc autour du héros, Thomas Goodwill. Dans les grandes lignes tout se tient sans problème. Dans les détails ce n'est pas aussi facile.

Certains passages sont accélérés à grande vitesse alors que j'aurais voulu en savoir plus. D'autres sont ralentis presque à l'extrême alors qu'ils sont loin d'être indispensables. Peut-être que l'auteur l'a fait consciemment, voulant crédibiliser l'état de la mémoire et du mental de son personnage, mais en tant que lectrice l'ensemble me parait très confus. Nombre de choses auraient mérité d'être expliquées ou développées.

Certaines sont même laissées au bon soin du lecteur. Parfois c'est une bonne chose, mais là non. Il s'agit de choses importantes, capitales dans l'intrigue. Et elles sont à peine évoquée, et 200 pages plus loin on va justifier tel fait ou tel comportement grâce à elles. Alors il aurait été utile de savoir pourquoi.

De la même manière l'ensemble du roman n'est pas égal. J'ai lu certains passages très rapidement, happée par les évènements, alors que d'autres m'ont laissée de marbre. Sans être difficiles à lire, je n'arrivais pas à entrer complètement dedans. Malheureusement le final fait partie de ces derniers passages, je suis passée au-dessus sans me sentir concernée.

Tout arrive trop vite. Une vingtaine de pages pour l'aboutissement d'un roman qui en compte 600, c'est court. Tout s'enchaîne on ne sait pas trop comment, et puis hop c'est fini, on passe à l'épilogue. Alors que le narrateur s'est attardé sur tant de choses auparavant, s'est démené à expliquer pourquoi et comment il voulait en arriver là. J'ai eu l'impression que l'auteur en avait marre de cette histoire et qu'il a bâclé le final. C'est vraiment dommage.

Parce qu'à me lire on pourrait penser que je n'ai pas aimé ce roman alors que j'en ai vraiment apprécié la lecture. Elle n'était pas égale certes, mais l'histoire est vraiment sympathique, nombre de personnages sont attachants, l'univers est crédible.

Et ce final me laisse un sentiment des plus mitigés après ma lecture. Un côté "tout ça pour CA???" C'est vraiment, vraiment dommage.

 

Après ma lecture, je tiens tout de même à préciser que les dragons promis par le titre sont loin d'être primordiaux ici. Ils ne font que quelques apparitions à différents moments de l'histoire, mais ils n'ont pas la place prédominante que j'attendais. Pas même des personnages secondaires, ils sont plutôt des figurants. Je suis donc déçue, car rien ne justifie ce titre.

 

En bref, un roman sympathique mais inégal. Des éléments importants auraient mérités plus d'attention, ce qui n'est pas le cas et qui nuit à l'ensemble.

 

 

Notes :

- Je l'ai dit au début, j'ai trouvé ce livre au rayon jeunesse. Selon moi ce n'est pas un roman jeunesse. Peut-être ce qu'on appelle "Young Adult", avec les chapitres courts et la facilité de lecture, et encore. C'est simple, pour savoir si je classe un livre en jeunesse, je me demande si je le mettrais dans les mains de mon jeune cousin. Si ce n'est pas le cas, dans combien d'années. Et là je ne placerais pas ce livre dans les mains de mon cousin. Du moins pas avant quelques années.

- Il existe une autre version de cette histoire, La Malédiction d'Old Haven. Là on suit les aventures d'un personnage que l'on croise quelques fois ici, Mary Wickford. Il est sorti avant Le Maître des Dragons et il a eu du succès.

Publié dans Fantasy

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Pikachu 11/10/2010 23:37


J'ai aussi lu ce livre dans le cadre du partenariat. Auparavant, j'avais lu La Malédiction d'Old Haven. J'avais vraiment apprécié ce premier livre.
Le Maître des dragons m'a particulièrement déçue. Autant l'autre livre m'avait donné envie de connaître Thomas Goodwill, autant là, je reste sur ma faim...
Je te conseille en tous cas de jeter un œil à l'aventure de Mary Wickford, elle vaut le détour ;)


Lala Her 12/10/2010 17:05



Voui, de ce que j'en ai lu par-ci par-là les aventures de Mary ont l'air beaucoup mieux que celles de Thomas. je testerais, histoire de ne pas rester sur cette impression de cafouillage.


Merci de ton conseil en tout cas 



Benjamin 29/09/2010 10:18


Je suis d'accord avec toi, en rayon jeunesse c'est un peu juste. Moi je le mets soit dans le rayon ado, soit cartément en fantasy.
Sinon, également d'accord sur ce point : "inégal". D'ailleurs, comme souvent chez Colin. Il est capable de passage tout juste extraordinaire mais c'est souvent un peu moyen.


Lala Her 01/10/2010 22:57



C'est vraiment dommage, en effet. Si l'ensemble du livre était du même niveau que dans les meilleurs passages, ç'aurait donné un roman du tonnerre! 


Mais bon, ce n'est pas le cas, tant pis.


 


Et puis en effet, s'il n'y a pas de distinction entre les rayons enfance et ado pour la jeunesse, alors il vaut peut-être mieux le ranger en fantasy selon moi. Ce qui bien évidemment n'a pas été
fait dans la fnac de ma ville, d'où mon scepticisme.